11 Février 1999. Quimper : Céline et Stéphane, "l’ultime combat" pour la pratique des allogreffes à Brest
L’association "Céline et Stéphane" (A.C.S.) est en colère. Fatiguée de se battre sans succès depuis dix ans pour que le C.H.U. de Brest obtienne l’autorisation de pratiquer les allogreffes.
"Pour nous l’instant est grave. Nous livrons un ultime combat." Président de l’association finistèrienne "Céline et Stéphane" et président national de "Leucémie Espoir", André Civray en a marre. Epaulé par l’ensemble de son conseil d’administration, il est décidé à mobiliser l’Ouest de la Bretagne pour qu’enfin le centre hospitalier de Brest soit autorisé à pratiquer des allogreffes. "Depuis dix ans, nous nous battons pour obtenir l’agrément ministériel. Nous pensons en effet que nos malades ont le droit d’être soignés au plus près de chez eux avec les techniques les plus performantes. Imaginez le déchirement d’un famille qui doit envoyer son enfant se faire soigner à Paris ou Besançon."
La colère des bénévoles est d’autant plus forte que l’hôpital de Brest dispose de tous les moyens pour pratiquer les greffes. "Nous avons le professeur, les installations sont conformes et les malades sont là. Tout le monde sait que l’environnement familial est capital dans les moments difficiles et douloureux. Le meilleur médicament, c’est le moral. En plus, en évitant les longs déplacements, nous ferons faire des économies à la sécurité sociale. M. Rolland, directeur du C.H.U., a lui-même écrit que les allogreffes font partie des axes stratégiques de développement de l’établissement. Paris ne doit pas tout contrôler."
Relativement optimistes il y a encore quelques mois, les responsables de l’association ont le sentiment que les vents changent, et qu’il est plus que temps de réagir. "Les derniers échos venant de Paris ne sont pas bons. Nous tirons nos dernières cartouches. Une convention doit être signée en avril. Si nous n’obtenons pas l’agrément à ce moment-là, ce sera encore reparti pour dix ans. Et cela, nous ne le voulons pas."
Parrain de l’association avec Mme Jacqueline Tabarly, Dan ar Braz résume son engagement d’une formule : "On réclame le droit de vivre et de souffrir au pays. S’il m’arrivait une galère, je ne me vois pas être obligé de partir loin d’ici. C’est dur de voir qu’il existe autant d’énergie disponible dont personne ne semble vouloir."
André Civray insiste pour que "tous les politiques se mobilisent" aux côtés des 1.200 adhérents de l’association. "Nous sommes au bout du rouleau. Notre but est de venir en aide aux malades et à leurs familles." La pétition est lancée et d’autres actions sont envisagées. "S’il le faut, nous ferons le siège du ministère. Nous nous relaierons pour, qu’enfin, on nous entende."