8 décembre 2006, Brest : Un goûter de Noël à l’hôpital et "C’est la fête à l’hémato"
A force de se répéter comme ça, chaque
année, certaines traditions auraient
presque tendance à devenir naturelles,
comme ce goûter de Noël organisé hier dans le bâtiment d’hématologie en
faveur des enfants malades. Mais comment
ne pas saluer l’exceptionnel travail
de l’association "Céline et Stéphane"
qui oeuvre, entre autres, depuis
presque 20 ans, à la réussite de cette
journée joyeuse et formidablement
digne ?
Sur la nappe de papier fantaisie, l’on a
dressé de vastes coupes emplies de
mandarines, de chocolats emballés
dans du papier d’argent et des Pères
Noël en sucre coloré. Des ballons de
baudruche ont été noués entre eux ou
sculptés à la demande. Dans le fond de
la pièce, un magicien ventriloque multiplie
les facéties pour la plus grande
joie des enfants regroupés dans la salle.
Bref, c’est un goûter de Noël qui ressemble
à n’importe quel goûter de
Noël.
D’ailleurs, d’un instant à l’autre, le
Barbu de saison va arriver. Il aura les
yeux bleus délavés, un air débonnaire
et une sympathie immédiate. Un goûter
comme un autre à deux pas du couloir
de chambres stériles de l’hôpital
Morvan, dans l’étage réservé à l’oncologie-
hématologie.
Un goûter où sont conviés des enfants
malades. Qui s’en sont sortis. Qui s’en
sortent. Ou qui sont encore en soins.
L’association en a invité une cinquantaine.
Presque 20 ans que le rituel s’est
établi, depuis qu’André Civray a
retroussé ses manches après son deuil.
Depuis, le chemin accompli par
"Céline et Stéphane" et la fédération
Leucémie Espoir est gigantesque. Des
écrans géants et un outil informatique
dans toutes les chambres stériles, un
appartement à disposition pour les
familles à un saut de puce de l’hôpital
et d’autres plus loin pour se reposer
après les soins, des dons pour la
recherche, des aides permanentes aux
familles. Et tout le reste. Et cet arbre de
Noël.
"Nous nous occupons de tous les gens
malades du sang mais, aujourd’hui,
c’est réservé aux enfants", précise
Christian Juguet, vice-président... Un
chic type, avec des sourires franco de
port, une mobilisation permanente et
désintéressée en faveur des malades et
des fois quelques larmes, quand il
évoque l’issue tragique de cette petite
fille qui aura tout de même pu aller
nager avec les dauphins avant de succomber.
Il se reprend, "mais, enfin,
c’est mieux qu’avant. Aujourd’hui,
80% des enfants sont sauvés. Il en reste
encore 20%, c’est toujours trop".
Mais pas de ça devant Papa Noël.
Aujourd’hui, "c’est la fête de l’hémato".
Le personnel soignant ne la manquerait
pour rien au monde, ce
"moment de répit", "cette marque d’attachement
au personnel soignant et
aux enfants".
Il est comme prévu : bonhomme à l’envi,
barbu comme la neige. Il a les yeux
bleus délavés, des sourires réconfortants
et une hotte gavée. Les yeux
s’écarquillent naturellement, le papier
se froisse. On mangera une clémentine,
un Papa Noël en sucre.
Un goûter de Noël comme les autres :
et si ce n’était pas là, en définitive la
plus symbolique des réussites de l’équipe
médicale et de l’association "Céline
et Stéphane" ?