Il existe deux sortes de greffes de moelle :
- l’allogreffe - où l’on prend un peu de moelle sur un donneur autre que le patient
- et l’autogreffe, où l’on prélève un peu de la propre moelle du patient.
L’allogreffe est parfois proposée, selon le type de leucémie aiguë, selon l’évolution de la maladie après les chimiothérapies. Elle dépend surtout d’un donneur compatible. En effet, recevoir de la moelle osseuse n’est pas du tout comme recevoir du sang, où il suffit d’être du même groupe (A, B, AB, O) et du même Rhesus (+, -). Non, la greffe de moelle réclame une compatibilité beaucoup plus fine d’un groupe qu’on appelle HLA.
La grande difficulté réside à trouver un donneur de moelle osseuse compatible ; le plus souvent, il s’agit d’un frère ou d’une soeur, mais il arrive que ce soit un autre membre de la famille proche. Sinon, on cherche un donneur compatible dans un fichier de plusieurs dizaines de milliers de personnes volontaires pour donner un peu de leur moelle osseuse.
Si la greffe de moelle est décidée, alors on refait une chimiothérapie - très forte - et une radiothérapie pour détruire toutes les cellules - les cellules leucémiques comme les cellules normales - de la moelle osseuse. Cette partie du traitement se fait bien sûr en chambre stérile. Puis, on met une perfusion d’un liquide qui ressemble à du sang : c’est de la moelle osseuse ; les cellules qui s’y trouvent vont toutes seules aller trouver leur place dans les os de la personne ainsi "greffée", et reprendre peu à peu leur travail : fabriquer les globules et les plaquettes du sang.
Lorsqu’on reçoit une greffe de moelle osseuse, on n’est pas opéré, on est seulement transfusé.
Le rejet de la greffe (GVH)
Le rejet ne peut survenir qu’en cas d’allogreffe, pas en cas d’autogreffe.
Si une allogreffe est décidée et réalisée, un traitement spécifique sera administré, pour limiter au maximum une réaction normale : le rejet.
Quand on greffe un coeur ou un foie, ou un autre organe, notre organisme reconnaît qu’il s’agit d’un organe "étranger", même si la compatibilité est très grande. En conséquence, notre organisme - par le biais des lymphocytes (et donc de notre moelle osseuse) - a tendance à rejeter cet organe étranger.
En cas de greffe de moelle osseuse, c’est le contraire : c’est la nouvelle moelle osseuse qui rejette l’organisme du receveur. On appelle cela la "réaction du greffon contre l’hôte" ou GVH (en anglais : GVHD=Graft versus Host Disease).
Les médicaments utilisés pour limiter la GVH sont principalement les corticoïdes ("la cortisone") et la ciclosporine. On utilise aussi maintenant de nouveaux médicaments tels que le Prograf©, l’Imurel©, la thalidomide, etc...