Présidente de Leucémie Espoir 49 et 85
"Ouest-France" 16/02/2000
Y a-t-il un lien entre votre engagement et les maladies du sang ?
Oui. Mon engagement est le fruit d’un rapport avec la maladie de Hodgkin (cancer des ganglions) que j’ai contractée à 20 ans. J’ai voulu venir en aide aux malades du sang, atténuer leurs souffrances morales sachant que leur vie est en danger. Le sens et la perception de l’avenir prennent un tout autre visage quand le malade sait que son "lendemain est incertain".
Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les malades et leurs familles ?
C’est d’abord l’isolement et la peur lors de l’annonce du diagnostic par les médecins. Pour le malade, la souffrance morale est la plus difficile à gérer. Il est impossible de faire partager la solitude de sa souffrance intérieure. Apprendre par à-coups les traitements et prendre conscience de son impuissance devant les étapes médicales qui nous attendent sont autant d’angoisses et de peurs. Pour la famille, ce sont les allers et retours entre l’hôpital et la maison, les frais élevés qui viennent grever un budget souvent déjà juste. C’est mettre au second plan sa propre douleur, vouloir ne pas faiblir devant le malade pour qu’il puisse s’appuyer un peu.